Aniscanelle

La vie sentimentale et libertine d'une femme, simplement.

14 août 2009

jeu trouble

Dans la tente seigneuriale, les braseros extérieurs éclairent faiblement les visages rieurs et tendus cependant: en l'absence du maître, les convives, hommes et femmes, s'étaient rassemblés après le souper, excités par les libations et l'ambiance électrique. Je m'y étais jointe, les gens de la mesnie se mêlant volontiers,maîtres et servantes, chevaliers, artisanes et gens d'armes.
Les chevaliers aguerris y étaient peut-être pour quelque chose... Un jeu vieux comme le monde les occupait corps et esprit à ce moment précis: chacun, à son tour, mettait au défi un des joueurs d'énoncer une vérité sur lui-même ou d'exécuter un ordre sans détour.
Les vérités s'étaient succédées, légèrement coquines, presque banales. Chacun sentait bien qu'il faudrait passer aux actes pour préserver le fourmillement qui nous prenait tous... ou presque. Une jouvencelle restait en retrait, songeant sans doute à son galant absent, et un sergent d'armes demeurait spectateur, l'exclusivité de son épouse devant être respectée.
Je riais avec les autres, alanguie sur une paillasse, étendue aux côtés de mon ami et complice, tandis que les autres se cherchaient du regard, souriant en coin.
Les exclamations fusèrent lorsque deux hommes, les anciens de la mesnie s'embrassèrent. Plusieurs combinaisons de cette sortent furent essayées, puis alors que j'esquivais depuis quelques tours déjà, je dus me résoudre à accepter un défi. L'homme devait me déshabiller devant tous, m'embrasser et me cajoler de son mieux... Il releva ma robe puis ma chainse, tandis que je levais les bras vers le piquet central de la tente, j'entendais dans une demi-torpeur les commentaires de l'assistance... Je décidai de me concentrer sur mes sensations, oublier les regards, surtout celui de mon ami... Que songeait-il à ce moment précis, où mes seins libérés à la vue de tous, mon pubis et mes hanches se trouvaient vulnérables? Je penchai la tête sur le côté, fermai les yeux, puis me laissai embrasser. L'homme parcourait mes épaules de ses mains et de ses lèvres, effleurait mes oreilles... A ma surprise, et aux commentaires appréciateurs des spectateurs, je réalisai que je ronronnais... puis le gage prit fin; maladroite, je me rhabillai, durant un temps interminable.

Je retournai auprès de lui, confuse.
Les gages continuèrent à pleuvoir, ce fut au tour des hommes de se dénuder, une femme savante et moi-même étant les seules à avoir accepté les défis. Mon complice, le mercenaire errant dut se mettre à notre disposition et exposer sa virilité, notre tâche étant de la faire dresser. Nous le dévêtîmes, sensuellement, enfin presque, après que je me fusse acharnée sur ses bottes lacées.  Puis nous parcourûmes son corps sculpté et suave, moi des lèvres et des mains, m'appliquant à explorer les régions inoccupées par ma partenaire. Mes doigts s'égarèrent près de sa toison pubienne, je résistai à l'envie d'aller plus loin honorer de mes lèvres son sexe qui me manquait depuis trop longtemps... Mais la pudeur me retint. Drôle d'endroit pour placer ta pudeur, ma fille, me dis-je... Tant pis.
Un élan de fou-rire le prit, nous gagna, et le jeu prit fin.

La soirée s'acheva faute de combattants, le groupe étant sorti chercher l'air frais et des boissons. J'étais soulagée, l'homme aux cheveux de neige devait à ce moment laisser ses lèvres remonter le long de mes jambes. Je prétextai une envie pressante pour m'éclipser, comptant sur la sortie des joueurs pour que mon gage se fasse oublier.

C'est troublée, lasse et affamée que j'allai sur ma paillasse, rêvant que mon complice me rejoigne durant la nuit. Las, il n'en fut rien.

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Posté par Aniscanelle à 14:41 - fictions - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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