Aniscanelle

La vie sentimentale et libertine d'une femme, simplement.

12 septembre 2009

Hersent la bourrelle

cost1hersent

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19 août 2009

Hersent

Hersent est bourrelle. Oui, ce n'est pas courant, une femme qui tranche des cous et pend des voleurs... Elle fouette, embroche, étripe, avec un sourire inquiétant. Hersent est femme pourtant. Elle a repris la charge de son époux, malencontreusement trébuché sur une lame de faux qui traînait... Le bailli a demandé à Hersent si l'éventration accidentelle de son mari avait un rapport avec l'oeil poché qu'elle cachait sous son chapel de feutre... "Non, non, je vous assure, on s'aimait beaucoup, lui et moi..." sa voix s'était étranglée sur les derniers mots.
Hersent est une amoureuse, voilà tout. Encore un qui n'a rien compris. Quand on a le coeur et la croupe aussi vaste qu'elle les a, on a la place pour moult amants...  Pourquoi faut-il que chacun de ses maris ait voulu s'entêter à la garder pour lui seul?
Le meunier, le premier, s'était imaginé que la cogner la garderait soumise à la maison. Elle avait supplié, pleuré, puis s'était cachée... Le jour où il l'avait surprise dans le foin avec l'apprenti, il était entré dans une colère noire... La mort dans l'âme, Hersent s'était résolue à protéger sa liberté d'aimer: le meunier était tombé tête la première de son échelle sur sa meule.

Puis à son tour l'apprenti s'était senti des dons de propriétaire... elle partit avec un colporteur. Quand le colporteur crut bon d'en faire son épouse, Hersent sentit son coeur bondir de joie, mais las, le même cycle reprit. Encore, et encore... Elle suivit un mercenaire derrière une armée, où ses charmes furent appréciés. Pour opérer le tri dans ses amants, elle se prit d'affection pour l'épée et le hachoir. 
C'est ainsi qu'elle rencontra un jour le bourreau. Oh, il était beau et terrifiant à la fois, ses yeux sombres comme des lacs, et son sourire sous le capuchon la firent chavirer. Encore...
Ils se marièrent, encore une fois... Et lorsqu'il surprit Hersent, à qui il avait appris tout son art, en galante compagnie, il voulut lui aussi la soumettre et la garder pour lui seul... Elle eut beau protester, promettre de lui garder son amour en plus du reste, il leva la main sur elle.
A nouveau, elle préserva sa liberté...

bourrelle

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14 août 2009

jeu trouble

Dans la tente seigneuriale, les braseros extérieurs éclairent faiblement les visages rieurs et tendus cependant: en l'absence du maître, les convives, hommes et femmes, s'étaient rassemblés après le souper, excités par les libations et l'ambiance électrique. Je m'y étais jointe, les gens de la mesnie se mêlant volontiers,maîtres et servantes, chevaliers, artisanes et gens d'armes.
Les chevaliers aguerris y étaient peut-être pour quelque chose... Un jeu vieux comme le monde les occupait corps et esprit à ce moment précis: chacun, à son tour, mettait au défi un des joueurs d'énoncer une vérité sur lui-même ou d'exécuter un ordre sans détour.
Les vérités s'étaient succédées, légèrement coquines, presque banales. Chacun sentait bien qu'il faudrait passer aux actes pour préserver le fourmillement qui nous prenait tous... ou presque. Une jouvencelle restait en retrait, songeant sans doute à son galant absent, et un sergent d'armes demeurait spectateur, l'exclusivité de son épouse devant être respectée.
Je riais avec les autres, alanguie sur une paillasse, étendue aux côtés de mon ami et complice, tandis que les autres se cherchaient du regard, souriant en coin.
Les exclamations fusèrent lorsque deux hommes, les anciens de la mesnie s'embrassèrent. Plusieurs combinaisons de cette sortent furent essayées, puis alors que j'esquivais depuis quelques tours déjà, je dus me résoudre à accepter un défi. L'homme devait me déshabiller devant tous, m'embrasser et me cajoler de son mieux... Il releva ma robe puis ma chainse, tandis que je levais les bras vers le piquet central de la tente, j'entendais dans une demi-torpeur les commentaires de l'assistance... Je décidai de me concentrer sur mes sensations, oublier les regards, surtout celui de mon ami... Que songeait-il à ce moment précis, où mes seins libérés à la vue de tous, mon pubis et mes hanches se trouvaient vulnérables? Je penchai la tête sur le côté, fermai les yeux, puis me laissai embrasser. L'homme parcourait mes épaules de ses mains et de ses lèvres, effleurait mes oreilles... A ma surprise, et aux commentaires appréciateurs des spectateurs, je réalisai que je ronronnais... puis le gage prit fin; maladroite, je me rhabillai, durant un temps interminable.

Je retournai auprès de lui, confuse.
Les gages continuèrent à pleuvoir, ce fut au tour des hommes de se dénuder, une femme savante et moi-même étant les seules à avoir accepté les défis. Mon complice, le mercenaire errant dut se mettre à notre disposition et exposer sa virilité, notre tâche étant de la faire dresser. Nous le dévêtîmes, sensuellement, enfin presque, après que je me fusse acharnée sur ses bottes lacées.  Puis nous parcourûmes son corps sculpté et suave, moi des lèvres et des mains, m'appliquant à explorer les régions inoccupées par ma partenaire. Mes doigts s'égarèrent près de sa toison pubienne, je résistai à l'envie d'aller plus loin honorer de mes lèvres son sexe qui me manquait depuis trop longtemps... Mais la pudeur me retint. Drôle d'endroit pour placer ta pudeur, ma fille, me dis-je... Tant pis.
Un élan de fou-rire le prit, nous gagna, et le jeu prit fin.

La soirée s'acheva faute de combattants, le groupe étant sorti chercher l'air frais et des boissons. J'étais soulagée, l'homme aux cheveux de neige devait à ce moment laisser ses lèvres remonter le long de mes jambes. Je prétextai une envie pressante pour m'éclipser, comptant sur la sortie des joueurs pour que mon gage se fasse oublier.

C'est troublée, lasse et affamée que j'allai sur ma paillasse, rêvant que mon complice me rejoigne durant la nuit. Las, il n'en fut rien.

dollz_medieval_00005

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30 juillet 2009

strip

strip1nb

stripcolo2

stripcolo3

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25 février 2009

j'aime ce texte, alors...

Dans la rue passante, les néons trouent l’obscurité et la pluie de leurs couleurs criardes. Je déambule depuis déjà une heure, jaugeant les groupes qui défilent. Trop nombreux, trop futiles, pas assez beaux... Des filles défilent en bandes, le temps pour moi d’imaginer mon corps pressé contre les leurs.... Tentation qui s’efface avec leur sortie de mon champ de vision.

Je réprime une moue de dégoût devant un duo de jeunes hommes titubants, déjà avilis par l’ébriété... « Eeeeeh la fille ! Toi, là. Viens t’amuser... Olà. » L’un d’eux trébuche, entraînant son compagnon dans le caniveau où ils achèvent de se tremper jusqu’aux os.


C’est en relevant les yeux que je le vois, de l’autre côté de la rue. Adossé à un rideau de fer, il ne bouge pas, m’observe, semble-t-il. Détaille peut-être ma tenue fétiche : bottes en daim montant au genou, résilles noires sur fond rouge, robe de velours zippée jusqu’à mon décolleté généreux, seins diaphanes, gilet long au crochet, transparent comme le filet de la princesse, cheveux longs libres, coulant dans le dos... une mèche mutine logée entre mes seins. Noir, cuir, clous autour du cou... Un anneau dans mon collier invite ceux qui se reconnaissent.

Son regard semble rivé à mon cou, j’en frissonne déjà.

Mains ouvertes le long des cuisses, je m’adosse au mur de mon côté de la rue, plante mon regard dans le sien. Il croise les bras, attend une minute, tandis que je rejette ma chevelure en arrière, gorge offerte. « Allons, viens... »

Puis il se décide. Rien d’extraordinaire chez lui, brun, taille moyenne, mais ses mains, lorsqu’elles se tendent vers les miennes, sont des mains fortes, habituées à manipuler,  à dompter, à créer. Son regard vrillé dans le mien me pénètre et me laisse impuissante. Je parviens tout de même, au bout d’une éternité à souffler : « Viens... » Il ne pose pas de question, la porte dans mon dos s’efface, nous engloutit tous les deux.

Dans l’immeuble médiéval, au couloir étroit et obscur, mes mains trouvent le chemin ; je nous mène à notre repaire, mon Maître attend sa proie. Il doit s’impatienter, mais j’ai envie de goûter à ce jeune homme dont les mains à présent prennent mes hanches et dont le souffle chaud se répand sur mon épaule...

Tout contre la porte, je stoppe net, dans l’obscurité le jeune homme bute contre moi.  Ma main trouve sa joue, effleure ses lèvres. Sa bouche fine est douce, comme celle d’une fille. Je me lèche les babines, mais retiens mon élan. Ma langue pointe de ma bouche et rencontre ses lèvres, les délaisse pour chercher son oreille que je mordille. Immobile, il attend. Sa main descend juste le long de ma jupe pour se poser sur ma cuisse.

Sa respiration, régulière, rythme mon exploration. Mes mains épousent son torse étroit mais musclé, puis s’égarent sur ses fesses dures... Se faufilent sous le t-shirt, parcourent à tâtons cette peau tendre et douce, appétissante...

Il se prête à mon jeu, je m’enhardis donc et descends accroupie pour humer sa peau, dégrafer son pantalon. Mes ongles griffent ses fesses,  provoquant un soupir d’aise... Soit, je continue. Mordille la peau de son ventre, enfouis mon nez dans sa toison, extrais son sexe qui s’offre déjà.

De mes mains, ma langue, mes joues, je le parcours entier, allant venant, provoquant, tandis qu’au tréfonds de ma chair endormie, la faim se fait sentir...

« Juste un peu... » Je me redresse, fourmillante de désir, et perce la chair tendre de son bras, là où la veine affleure...

Il sursaute à peine, soupire, passe une main dans mes cheveux, tandis que son sang circule dans mes artères en bouillonnant. J’ai toutes les peines du monde à m’arracher à sa chair, tandis qu’il prend ma taille et me pousse contre le mur nu.

D’un geste lent à l’extrême, il descend la fermeture de ma robe. Figée, brûlante du sang neuf, je savoure le goût métallique tandis qu’il écarte doucement mais fermement mes genoux. Je prends appui et attends, offerte. Ses mains rudes mais douces font vibrer ma peau tiédie, puis maintiennent mes hanches alors que sa langue effleure l’intérieur de mes cuisses. Surprise, j’éprouve sa morsure, puis l’humidité de sa langue sur ma peau puis qui me pénètre... Il éveille en moi des sensations anciennes, et je m’abandonne à la caresse, oubliant presque ma mission...

Sursautant, je réalise que mon Maître va être courroucé : je tarde, et en plus je joue avec son repas ! Surmontant  mon envie, je me force à l’arracher à mon intimité pour l’attirer toujours plus loin, de l’autre côté de la porte...

Le jeune homme se laisse faire, intrigué peut-être, suicidaire ?


Dans l’appartement voûté, mon Maître attend, nonchalamment installé dans son fauteuil fétiche, son verre de vin posé sur le guéridon  proche. Il lit un des volumes de sa bibliothèque familiale dont les rescapés nous suivent dans nos déménagements.

En fond discret, des chœurs nostalgiques recréent l’ambiance de sa jeunesse, déjà ancienne quand ma route a croisé la sienne, il y a une éternité.

La situation peut sembler grotesque, moi, robe ouverte sur ma nudité, lui, pantalon ouvert, et pourtant, mon Maître esquisse un sourire bienveillant, amusé.

« Coquine, gourmande, que m’as-tu donc ramené ? » Il se lève. Le jeune homme qui n’a toujours pas prononcé un mot cherche mon regard, puis plante résolument le sien dans celui de mon Maître. « Elle m’a appelé. Je devais lui répondre, ne trouvez-vous pas ? »

« En effet. Votre courtoisie vous honore, jeune invité. Mais poursuivez, je vous en prie. » Se tournant à demi, mon Maître désigne le lit couvert de velours rouge derrière le fauteuil.

« Je veux qu’il jouisse de tous tes charmes, ma chère. »

Comment pourrais-je rougir, moi qui ignore depuis longtemps ces émotions ? Flattée, je mène mon partenaire sur le lit où j’achève de le déshabiller, à genoux face à lui. Pendant ce temps, ses mains poursuivent l’exploration de ma peau, retrouvent le chemin initialement parcouru.

Il écarte définitivement ma robe, me laissant entièrement offerte à sa langue fureteuse qui parcourt ma peau, s’empare de ma bouche, joue avec ma langue et mes lèvres... Couchée sur le dos, regardant mon Maître à la dérobée, je laisse l’invité se délecter des chairs intimes, frissonnant au gré des vagues de chaleur qui agitent son sang dans mes veines. Ses doigts trouvent la voie vers mon intérieur, et je perds pied. Mes yeux se ferment, je suis sensation uniquement, jusqu’à l’aboutissement, ma peau parcourue de cette peau sèche et si douce...

Je devine plus que je ne vois le sourire de mon Maître en entendant mes propres soupirs et gémissements, ma langue humecte mes lèvres... faim... encore... Après un violent spasme de jouissance, je reprends difficilement mon souffle, mon cœur affolé fait battre le sang à mes oreilles.

Comme une bête sauvage, je bondis sur l’homme, le plaque au velours du couvre-lit, et le domine de tout mon corps... j’ouvre ma bouche, avide, mais il sourit, son regard direct me perce instantanément.

« Fuis », me dis-je, « fuis avant d’être dévoré ! » Mais ses mains enserrent ma taille et me guident sur lui ! Transpercée, pénétrée, je hurle de joie, abandonnant à nouveau ma volonté...

« Maître ! » A ces mots, mon Maître s’approche du lit, et caresse mon dos tandis que le jeune invité imprime sa cadence à mon corps en fusion.

« Tu le veux, celui-ci, ma chère ? »

« Oui ! Oui ! » crié-je, ignorant le sens de sa question. Les dents de mon Maître se plantent en moi, absorbant un peu de la vie que j’ai volée.

Se plaçant derrière moi,  il me pénètre à son tour, entourant mon torse de ses bras fins. J’entrevois vaguement sa chair rosie par la chaleur dérobée.

Nous ondulons à présent tous trois, je me dilue dans la sensation, désincarnée et palpitante à la fois... Point de sueur ne perle à nos chairs, hormis celle du complice de cet instant...

Enfin, un cri de bête échappe de nos trois bouches, secouant nos corps d’un même orgasme.

Nous basculons ensemble sur le côté, souffles unis et coordonnés... Puis la discordance s’installe, tandis que je sombre dans le sommeil, j’entrevois mon Maître qui se penche sur le corps de notre proie...

Cela devait finir ainsi. Je plonge dans les ténèbres, une main vaguement tendue vers eux,  regrettant déjà de ne pouvoir revivre ces instants, essayant d’oublier...

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15 décembre 2008

J'aime l'époque médiévale...


Richard Coeur de Lion
envoyé par clarinus

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11 décembre 2008

Chasseresse

Dans la rue passante, les néons trouent l’obscurité et la pluie de leurs couleurs criardes. Je déambule depuis déjà une heure, jaugeant les groupes qui défilent. Trop nombreux, trop futiles, pas assez beaux... Des filles défilent en bandes, le temps pour moi d’imaginer mon corps pressé contre les leurs.... Tentation qui s’efface avec leur sortie de mon champ de vision.

Je réprime une moue de dégoût devant un duo de jeunes hommes titubants, déjà avilis par l’ébriété... « Eeeeeh la fille ! Toi, là. Viens t’amuser... Olà. » L’un d’eux trébuche, entraînant son compagnon dans le caniveau où ils achèvent de se tremper jusqu’aux os.


C’est en relevant les yeux que je le vois, de l’autre côté de la rue. Adossé à un rideau de fer, il ne bouge pas, m’observe, semble-t-il. Détaille peut-être ma tenue fétiche : bottes en daim montant au genou, résilles noires sur fond rouge, robe de velours zippée jusqu’à mon décolleté généreux, seins diaphanes, gilet long au crochet, transparent comme le filet de la princesse, cheveux longs libres, coulant dans le dos... une mèche mutine logée entre mes seins. Noir, cuir, clous autour du cou... Un anneau dans mon collier invite ceux qui se reconnaissent.

Son regard semble rivé à mon cou, j’en frissonne déjà.

Mains ouvertes le long des cuisses, je m’adosse au mur de mon côté de la rue, plante mon regard dans le sien. Il croise les bras, attend une minute, tandis que je rejette ma chevelure en arrière, gorge offerte. « Allons, viens... »

Puis il se décide. Rien d’extraordinaire chez lui, brun, taille moyenne, mais ses mains, lorsqu’elles se tendent vers les miennes, sont des mains fortes, habituées à manipuler,  à dompter, à créer. Son regard vrillé dans le mien me pénètre et me laisse impuissante. Je parviens tout de même, au bout d’une éternité à souffler : « Viens... » Il ne pose pas de question, la porte dans mon dos s’efface, nous engloutit tous les deux.

Dans l’immeuble médiéval, au couloir étroit et obscur, mes mains trouvent le chemin ; je nous mène à notre repaire, mon Maître attend sa proie. Il doit s’impatienter, mais j’ai envie de goûter à ce jeune homme dont les mains à présent prennent mes hanches et dont le souffle chaud se répand sur mon épaule...

Tout contre la porte, je stoppe net, dans l’obscurité le jeune homme bute contre moi.  Ma main trouve sa joue, effleure ses lèvres. Sa bouche fine est douce, comme celle d’une fille. Je me lèche les babines, mais retiens mon élan. Ma langue pointe de ma bouche et rencontre ses lèvres, les délaisse pour chercher son oreille que je mordille. Immobile, il attend. Sa main descend juste le long de ma jupe pour se poser sur ma cuisse.

Sa respiration, régulière, rythme mon exploration. Mes mains épousent son torse étroit mais musclé, puis s’égarent sur ses fesses dures... Se faufilent sous le t-shirt, parcourent à tâtons cette peau tendre et douce, appétissante...

Il se prête à mon jeu, je m’enhardis donc et descends accroupie pour humer sa peau, dégrafer son pantalon. Mes ongles griffent ses fesses,  provoquant un soupir d’aise... Soit, je continue. Mordille la peau de son ventre, enfouis mon nez dans sa toison, extrais son sexe qui s’offre déjà.

De mes mains, ma langue, mes joues, je le parcours entier, allant venant, provoquant, tandis qu’au tréfonds de ma chair endormie, la faim se fait sentir...

« Juste un peu... » Je me redresse, fourmillante de désir, et perce la chair tendre de son bras, là où la veine affleure...

Il sursaute à peine, soupire, passe une main dans mes cheveux, tandis que son sang circule dans mes artères en bouillonnant. J’ai toutes les peines du monde à m’arracher à sa chair, tandis qu’il prend ma taille et me pousse contre le mur nu.

D’un geste lent à l’extrême, il descend la fermeture de ma robe. Figée, brûlante du sang neuf, je savoure le goût métallique tandis qu’il écarte doucement mais fermement mes genoux. Je prends appui et attends, offerte. Ses mains rudes mais douces font vibrer ma peau tiédie, puis maintiennent mes hanches alors que sa langue effleure l’intérieur de mes cuisses. Surprise, j’éprouve sa morsure, puis l’humidité de sa langue sur ma peau puis qui me pénètre... Il éveille en moi des sensations anciennes, et je m’abandonne à la caresse, oubliant presque ma mission...

Sursautant, je réalise que mon Maître va être courroucé : je tarde, et en plus je joue avec son repas ! Surmontant  mon envie, je me force à l’arracher à mon intimité pour l’attirer toujours plus loin, de l’autre côté de la porte...

Le jeune homme se laisse faire, intrigué peut-être, suicidaire ?


Dans l’appartement voûté, mon Maître attend, nonchalamment installé dans son fauteuil fétiche, son verre de vin posé sur le guéridon  proche. Il lit un des volumes de sa bibliothèque familiale dont les rescapés nous suivent dans nos déménagements.

En fond discret, des chœurs nostalgiques recréent l’ambiance de sa jeunesse, déjà ancienne quand ma route a croisé la sienne, il y a une éternité.

La situation peut sembler grotesque, moi, robe ouverte sur ma nudité, lui, pantalon ouvert, et pourtant, mon Maître esquisse un sourire bienveillant, amusé.

« Coquine, gourmande, que m’as-tu donc ramené ? » Il se lève. Le jeune homme qui n’a toujours pas prononcé un mot cherche mon regard, puis plante résolument le sien dans celui de mon Maître. « Elle m’a appelé. Je devais lui répondre, ne trouvez-vous pas ? »

« En effet. Votre courtoisie vous honore, jeune invité. Mais poursuivez, je vous en prie. » Se tournant à demi, mon Maître désigne le lit couvert de velours rouge derrière le fauteuil.

« Je veux qu’il jouisse de tous tes charmes, ma chère. »

Comment pourrais-je rougir, moi qui ignore depuis longtemps ces émotions ? Flattée, je mène mon partenaire sur le lit où j’achève de le déshabiller, à genoux face à lui. Pendant ce temps, ses mains poursuivent l’exploration de ma peau, retrouvent le chemin initialement parcouru.

Il écarte définitivement ma robe, me laissant entièrement offerte à sa langue fureteuse qui parcourt ma peau, s’empare de ma bouche, joue avec ma langue et mes lèvres... Couchée sur le dos, regardant mon Maître à la dérobée, je laisse l’invité se délecter des chairs intimes, frissonnant au gré des vagues de chaleur qui agitent son sang dans mes veines. Ses doigts trouvent la voie vers mon intérieur, et je perds pied. Mes yeux se ferment, je suis sensation uniquement, jusqu’à l’aboutissement, ma peau parcourue de cette peau sèche et si douce...

Je devine plus que je ne vois le sourire de mon Maître en entendant mes propres soupirs et gémissements, ma langue humecte mes lèvres... faim... encore... Après un violent spasme de jouissance, je reprends difficilement mon souffle, mon cœur affolé fait battre le sang à mes oreilles.

Comme une bête sauvage, je bondis sur l’homme, le plaque au velours du couvre-lit, et le domine de tout mon corps... j’ouvre ma bouche, avide, mais il sourit, son regard direct me perce instantanément.

« Fuis », me dis-je, « fuis avant d’être dévoré ! » Mais ses mains enserrent ma taille et me guident sur lui ! Transpercée, pénétrée, je hurle de joie, abandonnant à nouveau ma volonté...

« Maître ! » A ces mots, mon Maître s’approche du lit, et caresse mon dos tandis que le jeune invité imprime sa cadence à mon corps en fusion.

« Tu le veux, celui-ci, ma chère ? »

« Oui ! Oui ! » crié-je, ignorant le sens de sa question. Les dents de mon Maître se plantent en moi, absorbant un peu de la vie que j’ai volée.

Se plaçant derrière moi,  il me pénètre à son tour, entourant mon torse de ses bras fins. J’entrevois vaguement sa chair rosie par la chaleur dérobée.

Nous ondulons à présent tous trois, je me dilue dans la sensation, désincarnée et palpitante à la fois... Point de sueur ne perle à nos chairs, hormis celle du complice de cet instant...

Enfin, un cri de bête échappe de nos trois bouches, secouant nos corps d’un même orgasme.

Nous basculons ensemble sur le côté, souffles unis et coordonnés... Puis la discordance s’installe, tandis que je sombre dans le sommeil, j’entrevois mon Maître qui se penche sur le corps de notre proie...

Cela devait finir ainsi. Je plonge dans les ténèbres, une main vaguement tendue vers eux,  regrettant déjà de ne pouvoir revivre ces instants, essayant d’oublier...

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